Maroc : y’a pas problème

Le matin, levés à coté d’un château, nous décidons de rejoindre Tarifa. Au fur-et-à-mesure de la journée nous envisageons l’option dormir à Tanger. Vers 17 heures, nous arrivons à Tarifa pile à temps pour le ferry de 18 heures. Une heure plus tard, nous voici sur un nouveau continent.

Arriver de nuit, ceci déstabilise énormément. En effet, nouvelle langue, nouvelle monnaie, moeurs différentes et nouvelle heure ???? (Merci Renault/Dacia pour la pression sur le Maroc). Tour rapide dans la médina pour connaître les tarifs des pensions. Pour 6€ chacun, nous trouvons un lit et une douche.

20181108_105141.jpg

Comment parler du Maroc sans sa nourriture. Nous commençons par le fameux tajine de légumes. Le lendemain Aymeric insiste pour que nous goûtions l’Amlou. Nous n’avons pas été long à convaincre !

Maxime, fidèle à lui-même, décide vers 5h du matin de nettoyer intégralement son vélo. Aymeric et moi sommes impressionnés par son application. Max profite de la journée de repos pour s’envoyer 20kms à pied pour atteindre Decathlon. Aymeric et moi restons tranquilles et allons boire des thés dans un café pour s’abriter de la pluie. Le lendemain nous partons pour la traversée du Maroc nord.

Le matin  petit souci gastrique pour Max. Dans la journée cela se calme. Finalement départ en direction de Ksar El-Kébir. Une journée autour de 100kms, cela consistue notre moyenne marocaine. Nous nous engageons sur une nationale qui semble totalement bonne sur le début. La réalité est tout autre, après la pluie, des nids de poule. Le vélo de Maxime, entièrement nettoyé, fût vite sale Aymeric et moi rions de la situation.

Ksar El-Kébir est loin d’être une ville touristique mais c’est un peu ce qu’on vient rechercher. Ici, les vélos sont synonymes de pauvreté et sont nombreux. Tout le monde se demande pourquoi nous ne prenons pas de voiture. Depuis que nous avons quitté Tanger, nous avons le droit à des « hola ». Aurions-nous des têtes d’espagnol ?

Quelques mots sur la situation de circulation du Maroc à vélo : terrible. Ici, plus qu’ailleurs, le moteur est roi. Les taxis sont en haut de la hiérarchie et doublent à quelques centimètres voire minimètres. Y’a pas problème pour doubler si des voitures arrivent en face. Les bus sont pénibles, les camions sont sans doute les plus sympathiques.

Après Ksar El-Kébir, nous nous dirigeons vers Rabat. Cela fut notre plus grosse étape, près de 140kms. Nous sommes hébergés par notre première hôte warmshowers. Cette dernière est située dans la médina de Rabat avec une vue sur la plage et un beau toit terrasse. Nous restons une nuit mais nous serions bien restés une nuit de plus pour tester le surf à Rabat. Nous mettons donc le cap en direction de Casablanca. 20181110_173508.jpg

Maxime doit faire une maintenance sur son vélo, c’est la raison pour laquelle nous restons deux jours à Casablanca. Nous sommes hébergés chez la belle-famille de ma cousine, où nous apprenons un peu l’histoire du Maroc.

Une fois la capitale économique passée, nous partons en direction d’El Jadida. La médina est vraiment jolie. Ici, nous avons encore la chance d’être hébergé par Ayoub qui est bien décidé de voyager également à vélo.

20181113_160046

Ayoub continue à nous apprendre l’histoire du Maroc, son système politique mais également les aspirations de la jeunesse marocaine.

Nous décollons en même temps qu’Ayoub en direction d’Oualidia. Après une bonne matinée de vélo nous décidons de faire une halte à Oualidia. Aymeric et moi en profitons pour surfer. Maxime, pour une fois, se reposa. Petit cours de surf improvisé par Aymeric puis c’est parti. On zappe l’étape « mousse » et allons directement dans les vagues. J’arrive à surfer ! La sensation de glisse (courte pour un début) et excellente, j’ai bien l’intention d’en refaire. Une nuit de repos et nous partons en direction de Safi.

20181114_144659.jpg

Nous filons ensuite en direction d’Essaouira. Le décor devient différent. Les centres de repos & yoga sont nombreux. Une fois à Essaouira, Aymeric et moi décidons de manger en attendant Max. Dans la Médina, nous nous arrêtons dans un buibui local, tout sauf touristique, pour un sandwich crudités. Grave erreur, pour moi. La tourista vînt…. et dura cinq jours, c’est long.20181116_182400.jpg

Nous restons cloués trois jours à Essaouira grâce à mon système digestif. On profite d’un petit mieux pour rejoindre Imsouane. Une journée catastrophique, une météo exécrable et toujours un peu malade nous abattons plus de 100kms. La dernière portion de la route est magnifique et la météo devient bonne. Ce village est une petite pépite pour apprendre le surf et a une superbe falaise pour le parapente.

20181119_182641.jpg

Nous restons une nuit à l’auberge de surfer puis Max et moi partons en direction d’Agadir. Aymeric en profita pour surfer le matin et prendre le taxi pour Agadir.

La route pour Agadir est agréable mais contient un dénivelé significatif. Nous atteignons Agadir à la tombée de la nuit et retrouvons Aymeric. Mon transit n’est pas totalement rétabli, après ces plus de 200kms, sans trop manger, je me rends compte que j’ai bien tiré sur la machine.

Dernière soirée pour Aymeric et il repart le lendemain matin, le soir il sera à quelques mètres de chez moi, que c’est rapide !

Je me rends à la pharmacie pour prendre quelque chose qui marche vraiment. Quelques heures plus tard, je vais bien mieux. Agadir n’est pas la ville la plus accueillante du monde. Après la pharmacie, nous allons faire un tour à la marina pour chercher des voiliers. Cette dernière est fermée, jour férié (anniversaire du prophète). Le gardien de la marina n’est absolument pas accueillant. Selon lui aucun voilier ne part cette semaine. Je me dis que nous allons restés bloqués longtemps ici…

Le lendemain, nous retournons à la marina. Le gardien nous empêche de faire le ponton. J’attends que quelqu’un sorte. Le capitaine d’un voilier me dit qu’il est complet mais que plusieurs voiliers partent en direction des Canaries. Il me fait entrer sur le ponton et me présente un jeune couple qui part. Première rencontre avec Antoine : « Bonjour, nous sommes deux cyclistes……. » réponse, ouais petite question : « vous n’êtes pas allergiques au chat ? ». Nous ne le sommes pas et embarquons l’après-midi même avec Antoine, Marion et Mousse ! Finalement la recherche fût rapide.

Un dernier contrôle, comique, de la douane marocaine. « Vos passeports », on s’exécute, ils nous les rendent pour les reprendre trois ou quatre fois, idem avec l’ouverture des sacoches. On en vient à demander s’ils savent ce qu’ils font ? Aucune logique mais « Y’a pas problème » !

« Bslama Maroc » et bonjour Atlantique.

20181122_135753.jpg

 

Publicités

Espagne : no pasa nada

Nous quittons la France par une belle descente côté pyrénéen. A la suite de celle-ci nous trouvons notre premier bivouac le long d’une route.

Une nuit fraiche et une humidité bien présente, le matin, mais avec la journée le contraste est étonnant. L’Aragon nous offre une belle aridité. Néanmoins nous adoptons vite la coutume d’aller au bar boire un thé et un café le temps que l’humidité décide de partir pour laisser place au soleil.

A ces occasions, je peux pratiquer mon espagnol. L’Assimil marche assez bien et ma compréhension est plutôt bonne.

20181023_120023.jpg

Nous adoptons rapidement la tortilla le midi. Certes nous nous contentons d’une tortilla sous cellophane mais tortilla quand même. De plus les « chocos » ou petit prince dans toutes les marques existantes passent par nos palais. Le fromage semi cuit constitue une base importante de notre alimentation.

20181023_184040.jpg

La traversée de l’Espagne a une constante : les oliviers. Ces derniers nous offrent une majorité de nos bivouacs avec des sols durs, en cailloux et quelques fois avec de l’herbe.

Nous trouvons notre premier warmshowers a Valdegeña. Plaisir intense de trouver un toit ou passer la nuit, une vraie douche et un repas différent de nos pates du soir.

Nous arrivons pas loin de Madrid à Guadalajara pour notre second warmshowers chez Joan. Nous prenons une journée repos pour voir la ville mais nous n’allons pas jusqu’à Madrid. Las des kilomètres, le repos était le bienvenue.

Nous pouvons alors nous diriger sur la seconde partie de l’Espagne. Malheureusement pour nous une dépression se dirige vers nous. Le temps est plus froid et les journées de pluie bien plus régulières. Nous nous arrêtons régulièrement dans les bars pour nous réchauffer. Repartir est souvent dur.

20181101_131347.jpg

Nous nous dirigeons donc vers le Sud et notamment Cordobá ou Cordoue pour retrouver Aymeric.

Après une soirée sans trouver de bivouac nous continuons de nuit pour trouver un endroit propice mais en Andalousie ! Heureusement nos lumières sont bien visibles et nous poussons jusqu’à la prochaine ville où des jeunes nous indiquent un terrain sur le dessus de la ville. Un parc avec des petites huttes nous suffisent.

20181103_081323_001.jpg

Nous partons pour Cordobá. Nous passons la nuit au camping ou Aymeric nous retrouva. Une troisième personne pour rouler met de la fraîcheur. Avec Maxime, nous sommes en admiration devant le vélo d’Aymeric full carbone et son peu de bagages. Autour de 15kg, vélo compris c’est effectivement un super compromis pour le voyage.

20181104_121220.jpg

Le soleil n’est pas toujours au rendez-vous. Désireux de dormir sous un toit, j’envoie des demandes sur tout support. Pablo, par couchsurfing, nous héberge tous les trois. Notre cher hôte est professeur au collège/lycée d’Ecija. En plus de nous avoir fait un super repas, il nous propose de venir à ses cours pour parler avec ses élèves. Proposition qui nous réjouit. Les élèves sont assez curieux et osent poser des questions.

IMG-20181113-WA0001.jpg

Après ce départ, nous pouvons migrer vers le Maroc. Nous empruntons des pistes assez roulantes. Pour ma part j’enlève assez rapidement les gardes-boues. Ces abominables bouts d’aluminium m’empêchent d’avancer dès la moindre terre humide. Nous finissons la piste et il ne reste que quelques kilomètres pour rejoindre Tarifa et le ferry pour Tanger. Nous décidons que ce soir nous dormons sur un autre continent.

 

N.B : les articles sur le site sont mis assez tardivement. Facebook est plus propice comme support pour le voyage.

Départ de France

44257653_337911906781001_1927365831050657792_nLe cycle de l’installation et du démontage de tentes a commencé, il est alors temps d’écrire un premier article. Maxime et moi (Alexandre) sommes partis de la place des Bughes à Clermont-Ferrand le 14 octobre 2018 autour de 10h30.

Famille et amis réunis pour sonner avec nous notre départ. Nous remercions chacun d’être venu, retenons les visages des présents puisque nous les reverrons que d’ici quelques temps.

Partir à vélo de chez soi est un sentiment étrange, nous roulons sur nos routes quotidiennes ou d’entraînement. Une escorte de vélos se joint à nous pour le début dans les rues de Clermont. Nous prenons la direction du stade Philippe Marcombes puis de Ceyrat. A cet endroit Cédric, Nicolas, Emmanuel et David nous laissent. La première montée de Berzet se fait à un rythme lent, ce n’est pas aujourd’hui que nous détrônerons le « king of the mountain » ou Romain Bardet.

Suite à la côte, Jean-Philippe et Nicolas nous quittent. Nous ne savons pas le poids de nos vélos mais une chose est sûre nous ne sommes pas habitués à rouler avec tant de poids.

Arrive Aydat qui marque le début de notre intimité de cyclistes. Aymeric, Matthieu et Thierry – ce dernier nous a présenté – nous laissent à notre sort. Nous continuons jusqu’à Murol. A cet endroit, nous décidons de nous débarrasser de quelques éléments superflus.

Nous roulons, je prends la mesure du voyage que nous entreprenons et admire le Puy-de-Dôme tant que je peux. Ce petit volcan et son antenne constitue le lieu que j’affectionne le plus. Il est mon phare, mon guide, celui qui indique la maison. Une fois celui-ci derrière, Maxime m’avoue n’avoir jamais monté de tente.

Une fois la ville de Besse passée, nous bivouquons quelques kilomètres plus loin. Levé matinal, nous plions le matériel humide pour rejoindre Arpajon-sur-Cère. Cela représente 130 kms et plus de 3000 mètres de dénivelé. Nous effectuons cette distance contre vent et crachin pour finalement être accueillis à Aurillac sous une pluie battante. Heureusement notre premier hôte, Jean-Baptiste, nous accueille quant à lui avec un cantou (poêle du Cantal) bien chaud. Cette chaleur est agréable. Un vrai repas, une bonne nuit de sommeil, quelques réglages et nous revoilà en selle. Nous nous dirigeons vers l’Aveyron et dormons en haut de Decazeville.

20181017_154929.jpg

On se prépare pour une grosse journée ! 170 kms pour rejoindre le foyer des parents, François et Dominique, de Marine (amie d’escalade et « rancunière »). Nous arrivons avec la nuit mais sommes accueillis comme des petits princes pour le repas du soir. Avec ces hôtes parfaits nous resterons même pour le déjeuner du lendemain.

Nous prenons la route pour le Gers où nous bivouquerons.

20181019_082221.jpg

Comme d’habitude, tentes humides au pliage. Une belle journée de route pour rejoindre Tarbes. C’est dans cette ville que j’ai pu réaliser mes premières armes en tant que juriste. A cette occasion, j’ai pu rencontrer Damien, lui aussi voyageur au long cours, qui m’a spontanément proposé l’hospitalité. Nous restons donc deux jours pour un repos bien mérité.

Nous quittons la Bigorre pour le Béarn comme dernier territoire de France. Nous dormons non loin d’Oloron Sainte-Marie. Nous demandons à dormir juste à côté d’une maison. Heureux hasard le mari est un cyclotouriste et nous offre son terrain le plus plat et des pommes du jardin.

À 9h00, départ pour passer notre première frontière. Nous attaquons donc un col Pyrénéen avec un programme a plus de 3000m de dénivelé.

 

La Pierre Saint-Martin et son col à plus de 1700m marque notre point de passage. Cet effort encre notre engagement à partir en passant cette frontière naturelle.

Nous faisons nos derniers kilomètres en France sur un bitume fraîchement posé. Comme un signe, la France nous offre une base solide à nous de faire notre propre route.

 

En l’espace de sept jours, nous avons franchi le massif Central et les Pyrénées. Nous avons vu les paysages changer.

Le projet : avancer sans polluer ou peu

1274108657

Maxime et Alexandre (moi), nous nous engagerons dans un tour du monde à la force de nos mollets et du vent. Effectivement le vélo est le moyen de locomotion par excellence sur terre. Capable d’abattre une certaine distance journalière tout en restant disponible et abordable par la population. De plus, le vélo suscite la bienveillance pour l’effort que beaucoup de monde connaît.

Reste que quand nous arriverons en bordure de terre…….nous rencontrerons l’eau. L’avion est souvent la solution rapide pour traverser les continents, mais moteur….. L’idée du voilier est plus séduisante. Tout comme le vélo, celui-ci hors partie à moteur se laisse porter par le vent. Il va s’en dire que le voilier est une valeur sûre de déplacement sur les océans. Sans avoir la prétention des Vikings, nous souhaitons être équipiers afin d’embarquer nos vélos sur un autre continent. Nous espérons ainsi trouver un voilier qui fera la transatlantique depuis les Canaries.
Si Maxime embarquera probablement un instrument de musique, j’embarquerai pour ma part, ma grande passion, le parapente. A l’heure actuelle, certains de ces petits aéronefs sont très légers…. Ainsi j’en embarquerai un avec moi afin d’exploiter un maximum de site : montagnes, bords de mer ou encore buttes. Maxime aura tout loisir de s’exercer à la pratique du parapente pour peut-être revenir “volant”.