Transatlantique

Après avoir passé Noël et le réveillon à Sainta-Cruz de Ténérife, voici le temps d’embarquer sur Papillon II. Le 2 janvier, je viens au bateau avec toutes mes affaires et démonte mon vélo afin de le mettre en cale. Le 3 janvier, nous partons en direction de la dernière île El Hierro, je loupe à cette occasion le fromage ramené par Antoine et Marion un jour plus tard. Nous faisons une première halte au premier port à l’est de cette terre.
Ici, nous restons deux nuits. La marina est toute neuve mais ne dispose d’aucune commodité. Nous profitons de cette halte pour régler l’Irridium. Ce dernier est un téléphone satellitaire qui permet d’obtenir de la communication, messages et data n’importe où sur la planète via un satellite. La data est assez importante puisqu’elle nous permet de recevoir des fichiers, grib, autrement dit la météo pour les prochains jours.
Le lendemain, nous remettons les voiles, pour le port le plus au sud, la Restinga. Quelques heures de navigation suffisent à le rejoindre. Ce port est nettement plus accueillant, il s’agit d’un petit village de pêcheurs et de plongeurs. Nous arrivons la veille d’un dimanche qui précède un lundi férié. Cela signifie que nous ne pourrons pas faire le plein de carburant avant mardi. L’Irridium n’est quant à lui toujours pas réglé. Je me demande si nous allons partir, car ce petit téléphone n’est pas simple à paramétrer. Néanmoins après quelques lectures de forum et de vidéos, je parviens à trouver la solution.

Le mardi, nous faisons donc le dernier avitaillement, le plein de carburant et d’eau et sommes prêts pour un certain temps de navigation jusqu’à rejoindre le nouveau continent.
13 heures, heure aux Canaries, nous levons les amarres.

Le départ se fait avec un vent supérieur à 20 nœuds soit environ 40 km/h. Avec ce vent, nous décidons de prendre un ris, cela revient à réduire la surface de la grande voile, afin d’être plus tranquilles. Six heures s’écoulent, nous voyons encore l’île d’El Hierro, je songe à ce moment que le temps qui s’est écoulé m’aurait permis de rejoindre ma destination en avion. Premier coucher de soleil et premier quart de nuit. En navigation, il est nécessaire de veiller sur le pont afin de surveiller ce qui se passe vis-à-vis du vent, de la mer et des autres bateaux. En voiture, il suffit simplement de s’arrêter sur le bas-coté et de dormir, ce n’est pas le cas ici. Les premières journées s’écoulent sans difficulté, le vent est plutôt favorable en revanche la houles est déjà croisée. En effet, la houle est différente des vagues. Ce sont deux éléments à prendre en compte, d’où viennent les vagues qui indiquent le flux principal et la houle qui indique le flux secondaire. Quand ces deux éléments viennent de la même direction, il n’y a pas de problème en revanche quand la houle vient se casser sur le coté du bateau, cela créé un fort roulis ou mouvement de coté.

Deux jours et demis après le départ, nous tombons sur une sorte de pot-au-noir. Cette appellation signifie une mer sans vent et sans vague. Néanmoins, cela n’est pas vraiment notre cas. Pas de vent, passe encore mais nous subissons la houle qui est créée par une dépression à plusieurs milles au nord. Cela signifie que nous n’avançons pas et que nous sommes secoués comme jamais. Nous décidons donc de mettre le moteur pour supporter l’insupportable. A l’arrivée de la nuit, Hervé en a marre et décide de couper le moteur, d’allumer le feu de mouillage et d’envoyer tout le monde dormir. Pour ma part, je réussis à dormir une à deux heures pas plus. Au lever du soleil, rien ne change mais nous remettons le moteur, je songe à demander à s’arrêter au Cap Vert, car c’est réellement difficile à gérer.
La mer resta dans cet état avec des hauts et des bas pendant près de 48 heures, estomac sensible s’abstenir. Heureusement, pas d’arrêt au Cap Vert, il faut sortir de sa zone de confort et se faire bataille des fois. Le vent revînt mais la houle resta de coté, nous avancions tout en étant un peu secoués. Hervé en a, toujours, marre et décide de passer le temps en faisant un gâteau aux pommes. Mon estomac s’en réjouit même s’il est tordu dans tous les sens. Le début de cette transat fût donc assez difficile.

Le vent ne semblait pas réellement établi et la houle résiduelle toujours partie prenante du voyage. Je pense que nous sommes trop au nord et que nous ne sommes pas dans les Alizées. J’essaie de motiver le capitaine à changer de cap afin de descendre sous le 15 degrés Nord. Tous les livres maritimes indiquent que c’est la route la plus classique. Hervé décide de maintenir son cap. L’itinéraire historique passe normalement à environ 150 à 300 milles nautiques au nord-ouest du Cap Vert. Le notre est nettement plus loin, car nous traçons une diagonale. Sur le trajet historique, il faut normalement sept jours pour rallier le Cap Vert, c’est le temps que met à fondre le beurre dans les cales. Quand celui-ci est fondu, il est temps de mettre cap plein ouest.

Les jours s’enchaînent en lever et coucher de soleil, en prise de quart, prise de repas et siestes. Chacun essaie de trouver son rythme. Sur le bateau, il y a toujours quelque chose à faire, régler les voiles, bricoler quelque chose ou lire. Hervé est un amateur de pêche et presque tous les jours, les lignes se tendent et déclenchent le cliquetis des cannes à pêche. La plupart de nos prises sont des dorades coryphènes. Un jour, alors qu’une canne s’emballe, je suis chargé de remonter le poisson. Je trouve cela très dur. Je m’étonnes plusieurs fois en disant à Hervé que ce n’est pas une dorade. Lui, maintient que si. Après une bonne dizaine de minute, mes avant-bras commencent à se durcir. Je signe et dis que ce n’est pas une dorade qu’il s’agit d’un plus gros poisson. Après quelques mètres de ligne récupérés, je vois un aileron sortir d’une vague. Effectivement, il s’agit d’un espadon voilier, magnifique animal marin. Nous décidons, à mon grand bonheur, de ne pas remonter le poisson, il est trop gros pour nous trois et en plus il s’agit vraiment d’un joli poisson. Je coupe la ligne à coeur joie. Avant ce voyage, j’étais végétarien, depuis je mange la viande que l’on me propose mais évite toujours d’en manger si j’ai le choix. Il est assez dur de tout le temps en refuser surtout avec Nadine et Hervé qui sont plutôt des viandards. Néanmoins, je reconnais à ce titre, qu’ils sont fins gourmets. Nadine a préparé une tonne de bocaux en vue de cette transat. Une chose est sûr, vu la quantité de nourriture, nous aurions pu restés échoués quelques jours, semaines ou mois sans difficulté.

Les quarts de nuit font rêver, il y a peu d’endroits sur terre qui permettent une aussi belle observation d’étoiles dans le ciel. Le résultat est sans appel, les étoiles sont nos lanternes. Chaque nuit, je m’émerveille de voir ce ciel si pur qui s’accompagne très bien d’un peu de musique dans les oreilles.

Pendant cette traversée, nous aurons finalement aperçu que deux bateaux, probablement des cargos. A ces exceptions près, nous étions seuls dans l’immensité de l’océan.
La première semaine fût celle où nous prenions nos marques, vivre avec les habitudes de chacun et trouver son rythme. La seconde fût la plus longue puisque l’excitation du départ tombe mais le cerveau sait qu’il n’a fait qu’un tiers du trajet. La dernière était un mélange de joie de retrouver la terre ferme mais également la fin de ce voyage. Pour moi, cela signifie le début d’une nouvelle recherche de moyen de transport. L’avantage d’être à bord, c’est que je ne me soucie pas de trouver un autre bateau. Chaque semaine se terminait par des crêpes en mer, quelle joie !

Cette traversée m’a permis de vivre le monde de la voile et plus particulièrement de la vie à bord, c’est une expérience enrichissante sur tous les points. L’eau m’attire énormément et je pense avoir la fibre marine ; néanmoins je suis plutôt un terrien ou un volant. J’aime davantage pédaler, courir, grimper et voler. L’univers de la voile à des points communs avec la montagne, c’est ce qui m’a plu, peut-être qu’un jour j’aurais mon propre voilier ? En attendant, il faudra pédaler pour la suite.

Vingt-et-un jours et quelques heures plus tard, nous apercevons la terre. En cours de route, nous avons changé de port d’arrivé pour la Martinique. Cela m’arrange énormément puisque c’est d’ici que la plupart des voiliers partent après, il s’agit de la plus grosse marina des Antilles. Julie, avec qui j’ai fait du surf et de l’escalade à Ténérife arrivera également en Martinique, c’est toujours bon de voir un visage connu. Ce changement de port résulte surtout de s’accorder avec les vagues, la houle et le vent.

Nous passons une première nuit au mouillage après avoir touché le fond avec la quille, heureusement Papillon va bien. Hervé arriva à sortir le bateau sinon cela aurait été une vraie galère. Nous prenons un dîner tranquillement comme si nous étions à terre, Papillon ne bouge pas. Le lendemain, nous allons en direction de la marina afin de se doucher, reposer et marcher ! Nous faisons une première escale pour remplir le réservoir d’essence en attendant notre place au port. Je descends du bateau et marche, c’est génial de toucher terre. Quelques minutes après, nous nous amarrons. Retour à la civilisation, revoir le monde, les voitures, le bruit. C’est un choc brutal mais j’en suis content d’une certaine manière, cela signifie la poursuite de mon voyage.

Hervé et Nadine resteront trois nuits à la marina, le temps pour moi de trouver quelque chose pour la suite de mes aventures.

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Îles Canaries

Tout d’abord, nous avons pu réaliser notre première traversée à la voile à bord d’Aukena. Nous quittons Agadir avec un océan capricieux. Après le repas du soir, premier mal de mer à déclarer. Maxime arriva, heureusement pour lui, à dormir. Ce mal de mer dura tout de même plus de vingt-quatre heures, ce qui est un véritable enfer.
Après plus de 48 heures de navigation, nous voyons les Canaries et plus particulièrement l’île de la Graciosa qui est la plus proche du continent. Nous visitons cette petite île qui n’est pas du tout goudronnée. Par la même occasion, nous nous offrons un petit sommet qui offre un beau panorama. J’aperçois des parapentes posaient sur l’île, néanmoins ils ont probablement dû décoller de l’île d’en face, Lazarote, ce qui est je l’avoue assez chouette de survoler l’océan. Nous passons une nuit à la Graciosa et partons vers Gran Canaria.
Antoine et Marion descendent plus au sud le lendemain, ainsi nous passons une dernière soirée à bord d’Aukena. Maxime et moi apercevons une floppée d’annonces pour des demandes d’équipiers autant dire que cela me jette un froid. Avec nos deux vélos, nous ne sommes clairement pas les meilleurs candidats.
Départ d’Aukena, le lendemain, nous leur disons donc « au revoir » et les remercions pour cette introduction au monde de la voile. Effectivement, je suis bien conscient que nous sommes tombés sur un super couple et en espérant les revoir quelque part sur Terre.

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Nous retournons à notre vie de nomade à vélo. La première nuit, un couple d’autrichien nous héberge à Las Palmas. Peu de temps avant, nous mangeons à la plage. A ce moment, une association vient nous distribuer de la nourriture. Serions-nous devenus des sans domicile fixe ? Il est vrai que depuis quelques mois, c’est ce que nous sommes. Néanmoins, cela résulte d’un choix et non d’une nécessité.
Nous prenons le ferry pour rejoindre l’île de Tenerife sur laquelle nous avons un plan, donné par deux autres cyclistes Anatole et Martin, pour donner un coup de main sur un chantier volontaire. Une fois à Tenerife, des amis parapentistes ou parapotes et en particulier Matthieu nous apporte du matériel de France. Après une belle journée sur une superbe route – la TF 28 – nous les rejoignons et sommes vraiment bien accueillis dans une villa de location avec piscine, le tout à 200m de la plage et de l’atterro. Cela fût vraiment sympathique de voir les amis volants. Le lendemain matin, Matt me prête son aile pour faire le petit plouf du matin.

Nous y restons deux nuits, et le 2 décembre tout le monde part. Eux pour la France, nous pour Santa Cruz de Ténérife.
Nous choisissons l’itinéraire Google qui nous annonce un gros dénivelé mais qui nous fait passer proche du Teide, point culminant de l’Espagne. Après seize kilomètres et 1500 mètres de dénivelé positif !! Cul-de-sac… Cela se termine par une piste extrêmement raide sur dix kilomètres, nous décidons de faire demi-tour et de dormir à la crique des hippies ou spaghetti beach.

Il s’agit d’une plage non-urbanisée où vivent à l’année des membres d’une petite communauté en tente ou cabane. Le lendemain, cap sur Santa Cruz par la même route qu’à l’aller. Nous nous arrêtons un peu avant en bas d’un lotissement qui donne sur un genre de place au niveau de l’océan. En y descendant, j’aperçois une manche à air et un parapentiste qui plie son aile, heureux hasard., Il est désolé de ne pas pouvoir nous héberger mais nous dit que l’endroit est sûr. Le lendemain matin, nous revoici à Santa Cruz.
Nous rencontrons le contact dont nous avons, un certain Klaus. Ce dernier restaure un ketch de 1923 de Bremen (Allemagne) qui est un héritage familial. Pour occuper nos journées, nous nous disons que c’est bien et cela m’apprend à meuler, poncer etc et Maxime souhaite apprendre la soudure au TIG. Effectivement, il fallait enlever une belle couche d’époxy pour laisser l’acier à nue.

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A 15 heures, c’est l’heure du repas, assez dur pour nos petits estomacs français. Le soir, nous allons donc à la marina tentait de trouver notre voilier pour la traversée.
Néanmoins, les recherches de transat’ sont maigres. L’inquiétude de trouver un voilier se fait sentir pour ma part. A ce moment précis, de nouvelles rencontres. Je profite d’un petit groupe de Briançon, merci Julie, pour faire une journée surf et escalade. Pendant cet aparté, je songe au fait que Max et moi n’avons peut-être pas les memes aspirations et que nous routes peuvent se séparer. Suis-je prêt à voyager tout seul ?

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A mon retour, Max est toujours emballé par la rénovation du voilier et moi, je ressens le besoin de bouger. Un matin à la marina, Patrick m’offre un café. Hervé est également présent. J’avais parlé à celui-ci auparavant et je savais qu’il partait en direction des Antilles. Hervé ne voulait pas d’équipier mais aime bien mon projet de tour du monde puisqu’il réalise le même avec sa femme, Nadine, en voilier. Toutefois impensable de prendre deux équipiers et deux vélos à bord. Le soir, une discussion s’impose avec Maxime. Lui, veut rester et moi, partir. Nous décidons donc de prendre chemin à part, peut-être se retrouvera-t-on quelque part sur la planète ?

Les rencontres, les hasards de la vie font que je change mes plans initiaux et prends les nouveauc comme ils viennent. Alors une question apparaît, où aller après ? Continuerais-je le sans avion pour le Pacifique ? …je ne connais pas encore la réponse à ces interrogations.

Maroc : y’a pas problème

Le matin, levés à coté d’un château, nous décidons de rejoindre Tarifa. Au fur-et-à-mesure de la journée nous envisageons l’option dormir à Tanger. Vers 17 heures, nous arrivons à Tarifa pile à temps pour le ferry de 18 heures. Une heure plus tard, nous voici sur un nouveau continent.

Arriver de nuit, ceci déstabilise énormément. En effet, nouvelle langue, nouvelle monnaie, moeurs différentes et nouvelle heure ???? (Merci Renault/Dacia pour la pression sur le Maroc). Tour rapide dans la médina pour connaître les tarifs des pensions. Pour 6€ chacun, nous trouvons un lit et une douche.

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Comment parler du Maroc sans sa nourriture. Nous commençons par le fameux tajine de légumes. Le lendemain Aymeric insiste pour que nous goûtions l’Amlou. Nous n’avons pas été long à convaincre !

Maxime, fidèle à lui-même, décide vers 5h du matin de nettoyer intégralement son vélo. Aymeric et moi sommes impressionnés par son application. Max profite de la journée de repos pour s’envoyer 20kms à pied pour atteindre Decathlon. Aymeric et moi restons tranquilles et allons boire des thés dans un café pour s’abriter de la pluie. Le lendemain nous partons pour la traversée du Maroc nord.

Le matin  petit souci gastrique pour Max. Dans la journée cela se calme. Finalement départ en direction de Ksar El-Kébir. Une journée autour de 100kms, cela consistue notre moyenne marocaine. Nous nous engageons sur une nationale qui semble totalement bonne sur le début. La réalité est tout autre, après la pluie, des nids de poule. Le vélo de Maxime, entièrement nettoyé, fût vite sale Aymeric et moi rions de la situation.

Ksar El-Kébir est loin d’être une ville touristique mais c’est un peu ce qu’on vient rechercher. Ici, les vélos sont synonymes de pauvreté et sont nombreux. Tout le monde se demande pourquoi nous ne prenons pas de voiture. Depuis que nous avons quitté Tanger, nous avons le droit à des « hola ». Aurions-nous des têtes d’espagnol ?

Quelques mots sur la situation de circulation du Maroc à vélo : terrible. Ici, plus qu’ailleurs, le moteur est roi. Les taxis sont en haut de la hiérarchie et doublent à quelques centimètres voire minimètres. Y’a pas problème pour doubler si des voitures arrivent en face. Les bus sont pénibles, les camions sont sans doute les plus sympathiques.

Après Ksar El-Kébir, nous nous dirigeons vers Rabat. Cela fut notre plus grosse étape, près de 140kms. Nous sommes hébergés par notre première hôte warmshowers. Cette dernière est située dans la médina de Rabat avec une vue sur la plage et un beau toit terrasse. Nous restons une nuit mais nous serions bien restés une nuit de plus pour tester le surf à Rabat. Nous mettons donc le cap en direction de Casablanca. 20181110_173508.jpg

Maxime doit faire une maintenance sur son vélo, c’est la raison pour laquelle nous restons deux jours à Casablanca. Nous sommes hébergés chez la belle-famille de ma cousine, où nous apprenons un peu l’histoire du Maroc.

Une fois la capitale économique passée, nous partons en direction d’El Jadida. La médina est vraiment jolie. Ici, nous avons encore la chance d’être hébergé par Ayoub qui est bien décidé de voyager également à vélo.

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Ayoub continue à nous apprendre l’histoire du Maroc, son système politique mais également les aspirations de la jeunesse marocaine.

Nous décollons en même temps qu’Ayoub en direction d’Oualidia. Après une bonne matinée de vélo nous décidons de faire une halte à Oualidia. Aymeric et moi en profitons pour surfer. Maxime, pour une fois, se reposa. Petit cours de surf improvisé par Aymeric puis c’est parti. On zappe l’étape « mousse » et allons directement dans les vagues. J’arrive à surfer ! La sensation de glisse (courte pour un début) et excellente, j’ai bien l’intention d’en refaire. Une nuit de repos et nous partons en direction de Safi.

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Nous filons ensuite en direction d’Essaouira. Le décor devient différent. Les centres de repos & yoga sont nombreux. Une fois à Essaouira, Aymeric et moi décidons de manger en attendant Max. Dans la Médina, nous nous arrêtons dans un buibui local, tout sauf touristique, pour un sandwich crudités. Grave erreur, pour moi. La tourista vînt…. et dura cinq jours, c’est long.20181116_182400.jpg

Nous restons cloués trois jours à Essaouira grâce à mon système digestif. On profite d’un petit mieux pour rejoindre Imsouane. Une journée catastrophique, une météo exécrable et toujours un peu malade nous abattons plus de 100kms. La dernière portion de la route est magnifique et la météo devient bonne. Ce village est une petite pépite pour apprendre le surf et a une superbe falaise pour le parapente.

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Nous restons une nuit à l’auberge de surfer puis Max et moi partons en direction d’Agadir. Aymeric en profita pour surfer le matin et prendre le taxi pour Agadir.

La route pour Agadir est agréable mais contient un dénivelé significatif. Nous atteignons Agadir à la tombée de la nuit et retrouvons Aymeric. Mon transit n’est pas totalement rétabli, après ces plus de 200kms, sans trop manger, je me rends compte que j’ai bien tiré sur la machine.

Dernière soirée pour Aymeric et il repart le lendemain matin, le soir il sera à quelques mètres de chez moi, que c’est rapide !

Je me rends à la pharmacie pour prendre quelque chose qui marche vraiment. Quelques heures plus tard, je vais bien mieux. Agadir n’est pas la ville la plus accueillante du monde. Après la pharmacie, nous allons faire un tour à la marina pour chercher des voiliers. Cette dernière est fermée, jour férié (anniversaire du prophète). Le gardien de la marina n’est absolument pas accueillant. Selon lui aucun voilier ne part cette semaine. Je me dis que nous allons restés bloqués longtemps ici…

Le lendemain, nous retournons à la marina. Le gardien nous empêche de faire le ponton. J’attends que quelqu’un sorte. Le capitaine d’un voilier me dit qu’il est complet mais que plusieurs voiliers partent en direction des Canaries. Il me fait entrer sur le ponton et me présente un jeune couple qui part. Première rencontre avec Antoine : « Bonjour, nous sommes deux cyclistes……. » réponse, ouais petite question : « vous n’êtes pas allergiques au chat ? ». Nous ne le sommes pas et embarquons l’après-midi même avec Antoine, Marion et Mousse ! Finalement la recherche fût rapide.

Un dernier contrôle, comique, de la douane marocaine. « Vos passeports », on s’exécute, ils nous les rendent pour les reprendre trois ou quatre fois, idem avec l’ouverture des sacoches. On en vient à demander s’ils savent ce qu’ils font ? Aucune logique mais « Y’a pas problème » !

« Bslama Maroc » et bonjour Atlantique.

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Espagne : no pasa nada

Nous quittons la France par une belle descente côté pyrénéen. A la suite de celle-ci nous trouvons notre premier bivouac le long d’une route.

Une nuit fraiche et une humidité bien présente, le matin, mais avec la journée le contraste est étonnant. L’Aragon nous offre une belle aridité. Néanmoins nous adoptons vite la coutume d’aller au bar boire un thé et un café le temps que l’humidité décide de partir pour laisser place au soleil.

A ces occasions, je peux pratiquer mon espagnol. L’Assimil marche assez bien et ma compréhension est plutôt bonne.

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Nous adoptons rapidement la tortilla le midi. Certes nous nous contentons d’une tortilla sous cellophane mais tortilla quand même. De plus les « chocos » ou petit prince dans toutes les marques existantes passent par nos palais. Le fromage semi cuit constitue une base importante de notre alimentation.

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La traversée de l’Espagne a une constante : les oliviers. Ces derniers nous offrent une majorité de nos bivouacs avec des sols durs, en cailloux et quelques fois avec de l’herbe.

Nous trouvons notre premier warmshowers a Valdegeña. Plaisir intense de trouver un toit ou passer la nuit, une vraie douche et un repas différent de nos pates du soir.

Nous arrivons pas loin de Madrid à Guadalajara pour notre second warmshowers chez Joan. Nous prenons une journée repos pour voir la ville mais nous n’allons pas jusqu’à Madrid. Las des kilomètres, le repos était le bienvenue.

Nous pouvons alors nous diriger sur la seconde partie de l’Espagne. Malheureusement pour nous une dépression se dirige vers nous. Le temps est plus froid et les journées de pluie bien plus régulières. Nous nous arrêtons régulièrement dans les bars pour nous réchauffer. Repartir est souvent dur.

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Nous nous dirigeons donc vers le Sud et notamment Cordobá ou Cordoue pour retrouver Aymeric.

Après une soirée sans trouver de bivouac nous continuons de nuit pour trouver un endroit propice mais en Andalousie ! Heureusement nos lumières sont bien visibles et nous poussons jusqu’à la prochaine ville où des jeunes nous indiquent un terrain sur le dessus de la ville. Un parc avec des petites huttes nous suffisent.

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Nous partons pour Cordobá. Nous passons la nuit au camping ou Aymeric nous retrouva. Une troisième personne pour rouler met de la fraîcheur. Avec Maxime, nous sommes en admiration devant le vélo d’Aymeric full carbone et son peu de bagages. Autour de 15kg, vélo compris c’est effectivement un super compromis pour le voyage.

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Le soleil n’est pas toujours au rendez-vous. Désireux de dormir sous un toit, j’envoie des demandes sur tout support. Pablo, par couchsurfing, nous héberge tous les trois. Notre cher hôte est professeur au collège/lycée d’Ecija. En plus de nous avoir fait un super repas, il nous propose de venir à ses cours pour parler avec ses élèves. Proposition qui nous réjouit. Les élèves sont assez curieux et osent poser des questions.

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Après ce départ, nous pouvons migrer vers le Maroc. Nous empruntons des pistes assez roulantes. Pour ma part j’enlève assez rapidement les gardes-boues. Ces abominables bouts d’aluminium m’empêchent d’avancer dès la moindre terre humide. Nous finissons la piste et il ne reste que quelques kilomètres pour rejoindre Tarifa et le ferry pour Tanger. Nous décidons que ce soir nous dormons sur un autre continent.

 

N.B : les articles sur le site sont mis assez tardivement. Facebook est plus propice comme support pour le voyage.

Départ de France

44257653_337911906781001_1927365831050657792_nLe cycle de l’installation et du démontage de tentes a commencé, il est alors temps d’écrire un premier article. Maxime et moi (Alexandre) sommes partis de la place des Bughes à Clermont-Ferrand le 14 octobre 2018 autour de 10h30.

Famille et amis réunis pour sonner avec nous notre départ. Nous remercions chacun d’être venu, retenons les visages des présents puisque nous les reverrons que d’ici quelques temps.

Partir à vélo de chez soi est un sentiment étrange, nous roulons sur nos routes quotidiennes ou d’entraînement. Une escorte de vélos se joint à nous pour le début dans les rues de Clermont. Nous prenons la direction du stade Philippe Marcombes puis de Ceyrat. A cet endroit Cédric, Nicolas, Emmanuel et David nous laissent. La première montée de Berzet se fait à un rythme lent, ce n’est pas aujourd’hui que nous détrônerons le « king of the mountain » ou Romain Bardet.

Suite à la côte, Jean-Philippe et Nicolas nous quittent. Nous ne savons pas le poids de nos vélos mais une chose est sûre nous ne sommes pas habitués à rouler avec tant de poids.

Arrive Aydat qui marque le début de notre intimité de cyclistes. Aymeric, Matthieu et Thierry – ce dernier nous a présenté – nous laissent à notre sort. Nous continuons jusqu’à Murol. A cet endroit, nous décidons de nous débarrasser de quelques éléments superflus.

Nous roulons, je prends la mesure du voyage que nous entreprenons et admire le Puy-de-Dôme tant que je peux. Ce petit volcan et son antenne constitue le lieu que j’affectionne le plus. Il est mon phare, mon guide, celui qui indique la maison. Une fois celui-ci derrière, Maxime m’avoue n’avoir jamais monté de tente.

Une fois la ville de Besse passée, nous bivouquons quelques kilomètres plus loin. Levé matinal, nous plions le matériel humide pour rejoindre Arpajon-sur-Cère. Cela représente 130 kms et plus de 3000 mètres de dénivelé. Nous effectuons cette distance contre vent et crachin pour finalement être accueillis à Aurillac sous une pluie battante. Heureusement notre premier hôte, Jean-Baptiste, nous accueille quant à lui avec un cantou (poêle du Cantal) bien chaud. Cette chaleur est agréable. Un vrai repas, une bonne nuit de sommeil, quelques réglages et nous revoilà en selle. Nous nous dirigeons vers l’Aveyron et dormons en haut de Decazeville.

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On se prépare pour une grosse journée ! 170 kms pour rejoindre le foyer des parents, François et Dominique, de Marine (amie d’escalade et « rancunière »). Nous arrivons avec la nuit mais sommes accueillis comme des petits princes pour le repas du soir. Avec ces hôtes parfaits nous resterons même pour le déjeuner du lendemain.

Nous prenons la route pour le Gers où nous bivouquerons.

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Comme d’habitude, tentes humides au pliage. Une belle journée de route pour rejoindre Tarbes. C’est dans cette ville que j’ai pu réaliser mes premières armes en tant que juriste. A cette occasion, j’ai pu rencontrer Damien, lui aussi voyageur au long cours, qui m’a spontanément proposé l’hospitalité. Nous restons donc deux jours pour un repos bien mérité.

Nous quittons la Bigorre pour le Béarn comme dernier territoire de France. Nous dormons non loin d’Oloron Sainte-Marie. Nous demandons à dormir juste à côté d’une maison. Heureux hasard le mari est un cyclotouriste et nous offre son terrain le plus plat et des pommes du jardin.

À 9h00, départ pour passer notre première frontière. Nous attaquons donc un col Pyrénéen avec un programme a plus de 3000m de dénivelé.

 

La Pierre Saint-Martin et son col à plus de 1700m marque notre point de passage. Cet effort encre notre engagement à partir en passant cette frontière naturelle.

Nous faisons nos derniers kilomètres en France sur un bitume fraîchement posé. Comme un signe, la France nous offre une base solide à nous de faire notre propre route.

 

En l’espace de sept jours, nous avons franchi le massif Central et les Pyrénées. Nous avons vu les paysages changer.

Le projet : avancer sans polluer ou peu

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Maxime et Alexandre (moi), nous nous engagerons dans un tour du monde à la force de nos mollets et du vent. Effectivement le vélo est le moyen de locomotion par excellence sur terre. Capable d’abattre une certaine distance journalière tout en restant disponible et abordable par la population. De plus, le vélo suscite la bienveillance pour l’effort que beaucoup de monde connaît.

Reste que quand nous arriverons en bordure de terre…….nous rencontrerons l’eau. L’avion est souvent la solution rapide pour traverser les continents, mais moteur….. L’idée du voilier est plus séduisante. Tout comme le vélo, celui-ci hors partie à moteur se laisse porter par le vent. Il va s’en dire que le voilier est une valeur sûre de déplacement sur les océans. Sans avoir la prétention des Vikings, nous souhaitons être équipiers afin d’embarquer nos vélos sur un autre continent. Nous espérons ainsi trouver un voilier qui fera la transatlantique depuis les Canaries.
Si Maxime embarquera probablement un instrument de musique, j’embarquerai pour ma part, ma grande passion, le parapente. A l’heure actuelle, certains de ces petits aéronefs sont très légers…. Ainsi j’en embarquerai un avec moi afin d’exploiter un maximum de site : montagnes, bords de mer ou encore buttes. Maxime aura tout loisir de s’exercer à la pratique du parapente pour peut-être revenir “volant”.